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Prévenir l’usure professionnelle, la pénibilité et les TMS

 

En reconnaissant l’existence de facteurs de pénibilité liés au travail, le code du travail a établi des critères de caractérisation de la pénibilité de certains postes ou de certaines activités à risque. A cette pénibilité sont, en effet, associés des contraintes physiques marquées (manutentions, postures, gestes répétitifs, etc.), un environnement physique (bruit, températures, toxicité, etc.) ou encore des rythmes de travail particuliers (horaires atypiques, travail sous cadence, etc.).

 

L’usure professionnelle est un phénomène qui s’installe dans le temps et dont la caractérisation est complexe car ses causes peuvent être nombreuses et étendues par rapport aux facteurs de la pénibilité. L’usure professionnelle, ou l’usure au travail, concerne tous les secteurs d’activité. Bien souvent, elle est reliée aux changements organisationnels ayant cours dans le monde du travail (renforcement des contraintes de rythme, développement de la polyvalence et complexification des tâches, évolution des objectifs à atteindre et des procédures, etc.), à l’allongement de la vie professionnelle et au vieillissement de la population active.  

 

L’usure professionnelle : une combinaison de risques qui touche toutes les classes d’âges

Dans le cas de la pénibilité comme dans celui de l’usure professionnelle, il existe un même risque d’altération de la santé physique et de vieillissement prématuré des travailleurs (allant de l’essoufflement à l’épuisement professionnel voire à la dégradation de l’employabilité en cas de déclaration d’inaptitude). L’usure professionnelle comporte une dimension supplémentaire : celle des risques psychosociaux et des relations que ces risques peuvent entretenir avec les risques physiques et notamment les troubles musculo-squelettiques (TMS). Si l’on reprend la définition de l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ANACT), l’usure est un « processus d’altération de la santé lié au travail qui dépend du cumul et/ou de combinaisons d’expositions de la personne à des contraintes du travail qui peuvent être de natures diverses : des situations d’hypersollicitation physique, cognitive et/ou psychique, des situations répétées d’activités empêchées, des activités entravées, des situations d’hyposollicitation, des expositions à des nuisances physicochimiques […] » (ANACT, « Usure professionnelle » 2010). 

 

La diversité des facteurs à l’origine des TMS liés au travail est aujourd’hui largement reconnue. Au-delà des facteurs biomécaniques et personnels, des facteurs organisationnels et psychosociaux peuvent, en effet, provoquer des lésions musculo-squelettiques chez les travailleurs (S.Stock, N.Nicolakakis, K.Messing, A.Turcot, H. Raiq, « Quelle est la relation entre les troubles musculo-squelettiques (TMS) lies au travail et les facteurs psychosociaux ? », Perspectives interdisciplinaires sur le travail et la santé, 15-2, 2013). C’est bien souvent les possibilités limitées de récupération de situations de travail sous tension (intensité du rythme, gestion des aléas, injonctions paradoxales) liées à un environnement de travail inadapté et particulièrement sollicitant, qui favorisent le développement de TMS. Le vieillissement de la population active expose davantage quand on sait que les capacités de récupération diminuent avec l’âge.  

Dans tous les cas, le phénomène d’usure au travail peut concerner les salariés de tous les âges et de tous les secteurs d’activité, même s’il existe des situations cumulatives sur lesquelles il convient d’agir en premier lieu (comme par exemple un salarié senior occupant un poste présentant plusieurs facteurs de pénibilité, ou bien la concentration de tâches pénibles sur les plus jeunes entrainant un phénomène d’usure précoce). En réalité, l’usure et le vieillissement prématuré se développent sur des terrains présentant des risques plurifactoriels. Par exemple :

  • Lorsque l’activité de travail comporte de fortes contraintes physiques et/ou mentales (horaires atypiques, exposition au bruit, relations conflictuelles avec le public, objectifs quantitatifs surestimés, concentration soutenue, etc.).
  • Lorsque l’organisation du travail est soumise à des changements (nouvel investissement, nouveaux horaires, nouvelle activité, obsolescence des savoir-faire, réduction des effectifs, nouveaux locaux, etc.) ou connaît des dysfonctionnements (aléas, travail empêché, incidents, manque d’arbitrage, etc.).
  • Lorsque les parcours professionnels des salariés sont inadaptés ou peu valorisants (carrière longue et faible évolution professionnelle, effet plafond de verre, manque de formation et/ou de développement des compétences). Etc.
 

Les leviers de la prévention de l’usure professionnelle

Afin que vous puissiez faire progresser votre culture de la prévention des risques professionnels sur ce sujet phare, nous réalisons des études fines sur ces questions utilement exploitables sous forme de tableaux de bord distinguant la vision d’ensemble de l’entreprise de la vision par populations à risque (sachant que le critère de l’âge reste un critère parmi d’autres.

Notre diagnostic repose ainsi sur le croisement de données à la fois quantitatives et qualitatives : 

  • Nous évaluons le niveau d’usure en nous appuyant sur les différents signaux d’alerte : évolution importante de l’absentéisme (absences répétées ou de longue durée), des accidents du travail ou des maladies professionnelles, du nombre d’inaptitudes ou de restrictions d’aptitude, turn-over élevé (motif, âge et ancienneté au moment du départ), difficultés exprimées par les salariés et/ou identifiées par les collègues ou l’encadrement, etc. 
  • Nous caractérisons l’usure professionnelle dans votre entreprise par des études de postes pour présenter des facteurs de pénibilité (notamment par le biais du Document Unique d’Evaluation des Risques Professionnels) et nous recensons les postes dont le caractère usant serait plus méconnu, en identifiant leurs contraintes physiques et/ou mentales et notamment leur complexité ou la surcharge de travail qualitative qu’ils génèrent. 

Bien que le vieillissement de la population soit une réalité à prendre en compte (mais elle dépendra aussi de variations individuelles suivant le parcours de l’individu et les contraintes professionnelles qu’il aura subies par le passé), nous identifions les populations à risques en croisant les activités et les postes exposant à une usure professionnelle :

  • Aux caractéristiques sociodémographiques des salariés (âge, sexe, salariés reconnus travailleurs handicapés, restrictions de poste ou inaptitudes, etc.).
  • Aux caractéristiques socioprofessionnelles des salariés (parcours professionnel, ancienneté, qualification, statut, etc.).

ETHOS EXPERTISE vous accompagne pour organiser votre suivi, dans le temps et par population, des indicateurs de l’usure professionnelle. 

Nous élaborons un plan de prévention de l’usure professionnelle adapté aux diagnostics établis et aux indicateurs mobilisés en privilégiant deux axes de travail

  • La construction des parcours professionnels (mobilité fonctionnelle, montée en compétences et évolution professionnelle, etc.) : par exemple, comment préparer la reprise du travail après un long arrêt ? Comment permettre aux salariés occupant des postes usant de bénéficier en priorité de parcours professionnels adaptés ? Comment favoriser les formations pour développer de nouvelles compétences? 
  • Les aménagements et l’adaptation de l’organisation : par exemple, comment procéder à des aménagements techniques (pour réduire le poids des charges ou supprimer les matériaux dangereux) ? Comment adapter l’organisation pour limiter les situations d’usure (horaires de travail, contenu du poste, gestion des priorités, etc.) ? Comment aménager des fins de carrière pour les seniors en adaptant l’organisation du travail ? 
 

Ces différentes étapes sont indispensables à la conception d’une politique volontariste de la prévention de l’usure professionnelle, comportant des actions à long terme et pouvant servir de bases à l’élaboration d’un accord d’entreprise.